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Ouest-France - mardi 05 janvier 2010
Les Espérances bretonnes vues de Sciences-Po
Marc Ollivier
Des étudiants de l’Institut d’études politiques de Rennes viennent de regarder de près la Bretagne. Ils en ont tiré la photographie d’une région qui continue à espérer. Rassurant. Ils sont allés voir du côté de l’économie et de la culture, des jeunes et de l’exclusion, de la musique et de la langue bretonne. Comme ils ont regardé de près la pêche et son avenir, ou bien encore l’environnement et ses combats. Ces étudiants de quatrième année de l’IEP de Rennes, l’Institut d’études politiques, ont ainsi ausculté la Bretagne, en essayant de bien saisir ses craintes et ses espérances. Une manière aussi de sortir du cadre habituel des cours en amphithéâtre.
Tout ce travail, qui sera bientôt mis en ligne sur le site de Sciences po (www.sciencespo-rennes.fr) dresse un état de santé de la Bretagne. Et comment va-t-elle justement ? Pas trop mal. Elle continue à espérer. Les Espérances bretonnes, c’est justement le titre, en forme de fil rouge, que les étudiants ont donné à leur périple.
Une capacité à se prendre en main
Si la Bretagne va bien, c’est que les Bretons et les Bretonnes aussi ne se portent pas si mal que ça. C’est, en tout cas, ce qu’ont pu constater les étudiants rennais. « Il y a une capacité des gens à se prendre en main. La société civile est en avance sur le politique », observe un étudiant. Ici, on continue donc à compter sur ses propres forces, à croire aux vertus de la solidarité et à lancer des idées.
Un critère, parmi d’autres, de cette volonté à la mode de Bretagne, c’est la vigueur de la vie associative, et la force du collectif. Les étudiants qui ont dressé un état des lieux de la jeunesse bretonne le disent : « Force est de constater le fourmillement de la vie associative. Bretons et Bretonnes de tous âges sont familiarisés avec ces associations qui font vivre leur culture, luttent pour la préservation des paysages de la région, ou encore s’engagent pour la solidarité et l’échange avec d’autres régions du monde. »
Pour autant, si la population bretonne espère, elle ne se contente pas, bien sûr, du statu quo. Sur certains sujets, elle attend plus, de l’État comme de ses élus. Les étudiants, en guise de préambule de leurs Espérances bretonnes, soulignent quelques-unes de ces aspirations d’aujourd’hui : « Un souci très prononcé pour les questions environnementales, un goût pour la mer et les produits régionaux, une exigence de qualité de vie. » Et pas seulement cela : « Ce que veulent les Bretons, c’est une prise en considération plus importante de leurs problèmes quotidiens ». À méditer par les candidats aux prochaines élections régionales.